Site archéologique du village abandonné de Santa Creu de Llagunes

Autoguide

Le site mis au grand jour le plus élevé de Catalogne caractérisé par la présence de vestiges humains issus de la préhistoire, du Moyen-Âge et de la Guerre civile espagnole

areea sol despoblat

Cet autoguide facilitera votre visite et vous fournira toutes les informations nécessaires pour bien comprendre tous les éléments qui vous entourent, à savoir les fouilles et les études ultérieures réalisées par les archéologues et historiens qui y ont travaillé. À noter qu’il n’existe aucun document écrit qui fait référence à cet endroit, ni à son nom, son origine, etc.

Bienvenus/es au site archéologique du village abandonné de Santa Creu de Llagunes, le site mis au grand jour le plus élevé de Catalogne caractérisé par la présence de vestiges humains issus de la préhistoire, du Moyen-Âge et de la Guerre civile espagnole. Ce point stratégique offre de très belles vues sur la vallée de Siarb, le Pallars Sobirà, le Pallars Jussà et la Ribagorça que vous pourrez apprécier lors de la visite des lieux.

Instructions

Les instructions sont très simples : il suffit de suivre l’itinéraire indiqué sur la carte, où chaque point est numéroté. Ce parcours est le plus logique, mais vous pouvez l’adapter à votre guise en fonction de vos préférences et des différentes périodes de l’histoire qu’il retrace.

La plupart des sites sont pourvus de panneaux d’information qui vous indiqueront votre position et vous permettront de savoir quel secteur du circuit autoguidé consulter. Bien que les sites plus récents ou récemment mis au grand jour ne comportent pas de panneaux, la carte vous permettra de les repérer facilement.

Commencez par scanner le code QR qui figure sur le dépliant qui vous a été remis au point d’information du site. Une fois téléchargée, la visite sera disponible sur votre téléphone portable. Le fait que la couverture réseau ne soit pas toujours garantie ne devrait pas affecter la visite autoguidée. Par précaution, nous vous enverrons également toutes les informations en format PDF depuis le point d’information.

Le QR vous permettra d’accéder aux contenus en catalan, espagnol, anglais et français. Il vous suffira de sélectionner votre langue au sein du document.

Infos de base relatives au site

Le typologie du site correspond à celle d’un village médiéval de type défensif. Quasi rectangulaire, il s’agit d’une ville close, d’un village médiéval fortifié, où les maisons reposent sur les remparts, profitant de l’espace surélevé de la formation rocheuse de la colline.

Cronología

Dimensiones

Neolítico, de 5600 a 2000 a. c.

Superfície total del yacimiento: 4520 m2

Edad de Bronce, 1500 a 1.100 a. c.

Perímetro total del yacimiento: 270 m

Edad Media (siglos X – XIV).

Superfície total del despoblado: 2.500 m2

Edad Contemporánea: Guerra Cívil 1938

Perímetro total del despoblado: 194 m

Le site préhistorique

Lors des premières campagnes de fouilles apparut une grande abondance de matériel préhistorique (céramiques, industrie lithique et meules « va-et-vient ») ainsi que la présence de silex ; des découvertes qui amènent à conclure que des établissements temporaires ou permanents existaient déjà durant la préhistoire.

Le village médiéval

À une époque indéterminée, située provisoirement autour des Xᵉ et XIᵉ siècles, apparaît un village occupant toute la surface de la colline. Sa dernière phase d’occupation et son abandon peuvent être clairement identifiés à la fin du XIIIᵉ siècle. Il est toutefois très probable qu’il ait été temporairement occupé par des bergers et d’autres populations au cours des siècles suivants.

La Guerre civile

Le site est occupé en tant que retranchement temporaire des troupes républicaines. Il devient un point de guet stratégique qui offre une vue imprenable sur la vallée et ses environs. Quelques constructions en pierre sèche servant de guérites ou de d’abris ont également été découvertes, ainsi que des postes de mitrailleuses situés à différents points dominants de la colline et dans les fossés, momentanément non identifiés.



Le nom de « Santa Creu de Llagunes » (Sainte-Croix de Llagunes ») a été attribué au site a posteriori, en référence au nom de la colline où il se situe, mais aucun document ne permet de le confirmer avec certitude. Les seules mentions documentaires connues de l’ancienne Vallée de Siarb sont l’acte de consécration et de dotation de la cathédrale de La Seu d’Urgell, au XIe siècle, et de l’Église canonique du même siège, datée de 1010. Le document mentionne les paroisses de Sant Sadurní, dans la cité de Siarb, de Llagunes et de Serbans, alors sous la domination des vicomtes de Pallars. Les huit villages qui composent actuellement la vallée sont également mentionnés, laissant planer le doute, faute de preuves formelles, quant au fait que le site pourrait correspondre à la cité de Siarb. Le toponyme originel de Siarb provient de la combinaison de deux anciennes racines qui signifient « le chemin des renards » (ou « le chemin des dodus/biens »). En basque ancien, l’élément « axari » ou «azari» désignait le renard, et «bide» ou «bi» le chemin ou le passage. Au fil des siècles et de la latinisation de la région, le nom a évolué phonétiquement pour devenir « Siarb ». Il revêt une signification nettement géographique, car la vallée de Siarb a toujours été une zone de passage obligé et un endroit caractérisé par l’importance du commerce de la fourrure de renard.

L’ancien village occupe toute l’esplanade du sommet du Tossal de la Santa Creu, à 1.628 m d’altitude, dans la vallée de Siarb, au sein de la région du Pallars Sobirà. Cette colline se situe à l’extrémité sud de l’éperon du Pic de l’Orri (2.439 m). Au sud, elle est délimitée par la route nationale N-260 qui relie Sort à La Seu d’Urgell. À l’ouest, elle longe d’anciens pâturages qui permettent d’apprécier des vues sur le fond de la vallée de la Noguera Pallaresa. Au nord, elle est longée par un ancien ravin et, à l’est, par une esplanade, aujourd’hui aménagée en aire de repos et point d’accès. Il s’agit incontestablement d’un endroit stratégique par excellence.

localitzacio santa creu

La terre rouge que vous foulez provient de la sédimentation de matériaux survenue durant le Permien et le Trias, il y a 299-201 millions d’années, dans un environnement géologique dominé par les plaines et les cours d’eau. Sa couleur est due à la présence d’oxydes de fer (comme l’hématite). Au Permien, le paysage initial était caractérisé par des cônes alluviaux et par de puissants torrents qui, déposant des galets, des graviers et des sables, donnèrent naissance à des conglomérats et des brèches. Ce paysage évolua ensuite en une plaine fluviale beaucoup plus calme, traversée par des rivières sinueuses et bordée de forêts luxuriantes peuplées de reptiles primitifs. Dans les zones inondables situées entre les chenaux se déposèrent des argiles et des limons qui, lors des périodes de sécheresse, formèrent des sols durcis. La transition vers le Trias est marquée par une succession d’argiles et de limons témoignant d’une période de grande aridité et d’absence de cours d’eau. Dès le Trias inférieur-moyen, dans la partie supérieure de la vallée du Siarb, l’activité fluviale reprit. Les rivières transportèrent des sables vers leur lit ainsi que des argiles et des limons en suspension. Souvent, l’accumulation de sable obstruait les chenaux, provoquant des débordements et des déviations des cours d’eau, laissant derrière elle des lits de rivière abandonnés et remplis de sable.

Pendant des millions d’années, l’enfouissement de ces sédiments à des milliers de mètres de profondeur les a compactés et transformés en grès. Plus tard, l’orogénie des Pyrénées a plissé et soulevé ces structures et, finalement, l’érosion glaciaire et fluviale les a mises à nu, façonnant le paysage actuel de la vallée.

Entre le Xᵉ et le XIIIᵉ siècle, les régions du Pallars et de l’Urgell connurent une profonde transformation, marquée par une féodalisation violente et par des luttes pour le contrôle de la frontière islamique. Dans ce contexte de forte militarisation, la sécurité de la population civile devint une priorité, comme en témoigne cette forteresse. Bien qu’il n’a pas encore été possible de déterminer si des troupes régulières y étaient stationnées et si elle étaient soumises à un système de vassalité, ni au Pallars ni à l’Urgell, il est clair qu’il s’agissait d’une enclave importante pour les deux comtés. En 1011, le partage de l’ancien comté entre le Pallars Sobirà et le Pallars Jussà renforça cette instabilité. Face à cette situation, le puissant comté d’Urgell intervint stratégiquement en s’alliant au Pallars Jussà. Grâce aux campagnes menées par le seigneur Arnau Mir de Tost, de nouvelles frontières furent établies, laissant le Pallars Jussà subordonné aux dynasties d’Urgell et de Barcelone, qui obtinrent le contrôle de Vilamur –bastion très important au sein du Pallars Sobirà– sans combat, en raison de la pression politique et de l’asphyxie économique. Ces évènements réduisirent certainement la valeur stratégique de notre forteresse.

Avant de terminer la visite, il convient de mentionner deux phénomènes climatiques survenus dans l’hémisphère nord qui ont particulièrement affecté la vie dans le village déserté, et dont la chronologie coïncide avec son établissement et son abandon :

L’Optimum Climatique Médiéval (v. 900–1300) : Caractérisé par une augmentation des températures moyennes et un climat stable, il a favorisé l’expansion agricole. L’amélioration des récoltes a permis une croissance démographique considérable et l’extension de la culture de la vigne vers les zones hautes des Pyrénées, comme sur ce site.

Le Petit Âge Glaciaire (v. 1300–1850) : Un refroidissement progressif provoqué par une faible activité solaire (comme le Minimum de Maunder) et des éruptions volcaniques a inversé la situation. Des hivers extrêmement froids et des étés courts et humides sont apparus, gelant des rivières — comme celle qu’utilisaient les religieuses de la Ribalera pour laver le linge, jusqu’à ce qu’une novice ne revienne au couvent avec un morceau de glace.

Une grande partie du matériel archéologique issu des fouilles date du XIIIᵉ siècle et du début du XIVᵉ siècle. Quantitativement, les céramiques de cuisine à usage domestique prédominent. La céramique est cuite dans une atmosphère réductrice irrégulière ; les pièces sont modelées au tour de potier manuel (tournette) avec des retouches à la main, ce qui leur donne une facture fruste, grossière et une épaisseur considérable.

Le tupí est un récipient de forme identique à la marmite (olla), au corps globulaire et au fond bombé, doté d’une anse rubanée sur un côté et d’un bec pinceur sur le côté opposé ; on trouve également des cassoles. Il manque en revanche les grands récipients de stockage, qui devaient être fabriqués dans d’autres matériaux (comme des outres en cuir et des tonneaux en bois pour les liquides). De manière anecdotique, des fragments de céramique à glaçure verte ou miel ont été découverts sur de petites pièces destinées à contenir des liquides.

Le matériel en fer retrouvé est abondant : on distingue notamment des forces à tondre dans un très bon état de conservation, trois lames de couteau avec la soie du manche, une pointe de flèche, deux pointes de javelot, des branches de ciseaux, une vrille, des boucles circulaires, des fers à cheval ainsi qu’une grande diversité de clous, de pointes et de crochets. Le matériel en bronze est plus rare, bien que des boucles de ceinture et des bouterolles de fourreau de couteau décorées soient significatives. En nombre beaucoup plus restreint, des meules manuelles (aussi bien naviformes que circulaires) ont été mises au jour.

material arqueologic

Octobre 1992 : La mairie de Soriguera initie la valorisation patrimoniale du village médiéval en vue de sa réhabilitation et de son ouverture au public.1993 : Des travaux de nettoyage et de débroussaillage révèlent le périmètre et la structure de base du site.1994 – 1997 : Des fouilles archéologiques permettent d’étudier plusieurs pièces d’habitation ainsi que l’église. Juin 1999 – Mai 2000 : Travaux de reconstruction de l’église.

2000 – 2002 : Interventions sous forme de chantiers de jeunes axées sur les fossés et l’accès sud.

Juillet 2023 : Reprise des travaux archéologiques sous la direction d’Ariadna Vidal Alcaraz, centrés sur le coin sud-est.

Septembre 2024 – Octobre 2025 : Les campagnes de fouilles ultérieures poursuivent l’étude du site, motivées notamment par la découverte du silex. Il convient de noter qu’à ce jour, environ 33 % seulement du site a été fouillé.

foto esplanada fossar

POINT 1: ESPLANADE / DOUVE

La construction de douves autour des forteresses de haute montagne supposait d’énormes défis en raison de la topographie escarpée et de la dureté du terrain, généralement dominé par la roche pure et dure. Contrairement aux châteaux de la plaine, où la terre permettait de creuser des tranchées, en montagne, les douves, totalement sèches, requéraient un travail colossal de piochage et de bris de la pierre à coups de burin et à l’aide de cales en bois mouillé (que se dilataient pour briser la roche) et de feu, utilisé pour fragiliser la strate géologique.

L’objectif principal de ces fossés était de modifier artificiellement l’orographie afin de neutraliser les avantages de la pente. Creusés à des endroits très précis, ils tiraient souvent parti des failles naturelles de la montagne, notamment sur les cols ou les crêtes d’où le relief s’élevait vers la forteresse. Ainsi, ils coupaient la seule voie d’accès pour l’ennemi, empêchant l’approche des dispositifs d’offensive tels que les béliers ou les tours mobiles, impossibles à déployer sur des surfaces taillées à pic. Par ailleurs, les matériaux extraits lors de l’excavation n’étaient pas gaspillés : les blocs de pierre servaient à la construction des murs adjacents, et dans ce cas précis, des murs des maisons, également, optimisant ainsi tous les efforts de logistique. De par sa grande profondeur et ses parois rocheuses verticales, la douve était un piège infranchissable, un atout incontestable pour les défenseurs.

POINT 2 : GROTTE

À cet endroit, face aux deux grands rochers, sous les remparts du château médiéval, vous pouvez clairement apprécier une grotte qui fut utilisée dans la préhistoire. Juste au-dessus, à l’intérieur de l’enceinte fortifiée, fut retrouvée cette pièce de silex. Dans les Pyrénées catalanes, la préhistoire montre que la chaîne de montagne, plus qu’une barrière naturelle, était un espace bien vivant, habité et très exploité. Depuis le Paléolithique, les communautés de Néanderthaliens et hominidés antérieurs parcouraient les vallées des pré-Pyrénées. Au cours du Paléolithique supérieur et du Mésolithique, le mode de vie était de type chasseurs nomades, centré sur la chasse de grands mammifères et la cueillette saisonnière. Les groupes humains utilisaient le réseau des grottes comme abris provisoires et ateliers pour fabriquer des outils en pierre. La grande révolution arriva avec le Néolithique et l’Âge du Bronze. La mise en place de l’agriculture et de l’élevage en transhumance permit la sédentarisation et la conquête progressive de la haute montagne. Certaines trouvailles comme la Grotte 338 (Queralbs, Ripollès), située à 2.235 m d’altitude, ont bouleversé la vision traditionnelle de ces espaces: des ressources comme la malachite, destinée à la production de cuivre, étaient déjà exploitées il y a plus de 5.000 ans. L’utilisation du silex alpin, les alpages et les premières extractions minières forgèrent une société complexe.

POINT 3 : CHEMIN D’ACCÈS AU VILLAGE

Le chemin que vous suivez actuellement n’était pas l’accès principal au village ; rappelez-vous qu’une douve y avait été creusée ! Ce chemin partait du fond de la vallée, côté sud, à l’endroit où se trouvait la principale voie de communication entre les comtés de l’Urgell et du Pallars. Très pentu, il montait en lacets jusqu’à la mystérieuse « Grosse pierre », pour effectuer un dernier virage à droite et passer sous les remparts jusqu’à la porte d’entrée. Les accès aux forteresses médiévales étaient conçus avec minutie afin de bloquer les assaillants et de les exposer à la défense, faisant de l’entrée le point le plus dangereux du siège. L’accès en coude ou en zigzag était la technique la plus courante. Cette conception empêchait l’utilisation de béliers en ligne droite pour enfoncer les portes et obligeait les assaillants à contourner le mur. La plupart des soldats étant droitiers et portant leur bouclier au bras gauche, ce virage forcé laissait leur flanc droit totalement vulnérable aux projectiles lancés depuis les remparts.

 foto entrada al poble

POINT 4 : ENTRÉE DU VILLAGE

Au sud de l’enceinte, parfaitement centrée sur le mur, se trouve ce qui semble être actuellement la seule entrée. Celle-ci donne accès à une rue principale qui structure l’aménagement du village. Cette entrée, qui mesurait un peu plus d’un mètre cinquante de large, semble avoir été flanquée, de chaque côté, de deux structures avancées pouvant servir de contreforts ou de tours de défense. Aujourd’hui, ces constructions sont très détériorées et recouvertes de végétation. Cet espace n’a pas encore été entièrement fouillé, si bien que ses caractéristiques extérieures, ses éventuelles structures défensives, voire la présence de fossés ou de caniveaux n’ont pas encore été définies. Le portique d’entrée permettait d’accéder à l’intérieur du village, organisé autour d’une rue principale au tracé irrégulier qui traversait l’enceinte dans le sens de la longueur, du sud au nord, en effectuant quelques virages. Les fouilles effectuées dans une partie de cette rue ont confirmé l’absence de pavés. Le terrain, accidenté, tirait donc largement parti de la nature rocheuse du site.

 planta vivenda 1

POINT 5 : PREMIÈRE MAISON

Les maisons présentent une surface rectangulaire irrégulière, ouverte sur la rue, et une distribution simple en trois ou quatre pièces : une éventuelle basse-cour pour le petit bétail à côté de la porte d’entrée pouvant avoir un accès indépendant ; une pièce intérieure servant de réserve, peut-être pour le bois de chauffage et les provisions ; et, à l’extrémité ou au centre du bâtiment, la pièce principale où se situe la cheminée. Dans les deux cas, la cheminée est toujours centrale et constituée de dalles sur les côtés et au niveau de la base. Selon les documents, on y trouve parfois un petit four à pain, éventuellement intégré à une banquette d’angle. Cette pièce pourvue du feu ouvert était le centre de la vie familiale, l’endroit où l’intimité du groupe était pleinement partagée. Ces maisons sont construites avec des murs en pierre sèche, intérieurement soudés à l’aide d’un mélange de boue et de gravier. Les pavements, peu élaborés, uniquement présents dans les pièces principales, sont faits d’argile piétinée et durcie, de faible résistance.

On remarque par ailleurs l’existence d’un type de toiture constituée de dalles plates, soudées et recouvertes à l’aide d’argile et de branchages, et soutenues par des poutres disposées sur un seul versant. Sur l’ensemble du site du village, tant dans les parties qui ont fait l’objet de fouilles que les autres, aucun fragment de tuile n’a été découvert. Le nombre estimé de maisons est compris entre 7 et 10 unités. Les caractéristiques relatives au dépôt et à la dispersion du matériel archéologique retrouvé dans les différents états des pièces indiquent un abandon intentionnel des habitations.

foto vivenda 2

POINT 6 : DEUXIÈME MAISON

Il s’agit d’une maison rectangulaire divisée en quatre espaces bien distincts.

L’Espace A correspond au grand hall d’entrée carré, doté d’une large porte à seuil monolithique située à l’angle sud-ouest, juste à côté d’un gros bloc de roche naturelle. Dans un des murs périphériques de cet espace, un petit orifice hébergeait une petite burette d’huile en céramique oxydée, recouverte d’une glaçure de couleur miel. Aucun type de pavement ni de préparation particulière du sol n’ayant été constaté, cet espace est supposé avoir servi de petite basse-cour ou d’abri pour petits animaux, voire d’espace d’entreposage.

L’Espace B correspond à une petite pièce centrale qui donne sur un couloir ou un espace de passage. Elle est munie d’une porte dont le seuil est constitué d’une dalle plate.

L’Espace C est identifié comme la pièce principale, rectangulaire, dont l’entrée au sud-ouest communique avec le vestibule (Espace D).

desco silex abans d excavacions

POINT 7 : DÉCOUVERTE DU SILEX

Élément crucial pour la chronologie du site : la découverte d’un nucléus laminaire en silex. Ce n’est pas la première fois que des vestiges préhistoriques hors contexte sont mis au jour sur ce site, suggérant une occupation de la colline antérieure au village médiéval conservé aujourd’hui. Toutefois, ce nucléus est particulièrement remarquable en raison du fait qu’il date probablement du Néolithique, voire de la fin du Paléolithique. Jusqu’à présent, les vestiges préhistoriques découverts sur ce site étaient datés du Bronze moyen-tardif. Par conséquent, si la datation de ce nucléus est confirmée, l’occupation de la colline aurait eu lieu environ deux mille ans avant ce que l’on imaginait.

fotos silex
foto corral i vida al poble

POINT 8: BASSE-COUR

À l’intérieur du village, parmi les maisons, se trouvent au moins deux enclos ou grandes basses-cours, probablement à usage communautaire, destinés à abriter les troupeaux en fin de journée. Ces enclos, rectangulaires, construits en pierre sèche, ont des dimensions considérables. Celui-ci présente une structure plus complexe, avec une antichambre et une seconde pièce à l’arrière.

La présence importante de matériel archéologique lié à l’élevage et –notamment– à l’obtention et au filage de la laine (cisailles à tonte, plusieurs fusaïoles, …) ainsi que l’existence de deux grands enclos à l’intérieur du village permettent d’évoquer une certaine activité d’élevage au sein de l’établissement ; une activité prédominante dans les communautés pyrénéennes, en particulier l’élevage ovin, en plus de l’agriculture, non-négligeable.

À noter que le site se trouve à proximité de l’un des plus anciens chemins de transhumance des Pyrénées.

planta iglesia

POINT 9 : ÉGLISE

Il s’agit du seul bâtiment de l’ensemble du site qui a fait l’objet d’une reconstruction. L’église présente les éléments architecturaux caractéristiques des autres églises de cette région des Pyrénées : petites nefs rectangulaires avec abside semi-circulaire, porte ouverte sur le mur sud. Sa construction est datée aux XIe-XIIe siècles. Compte tenu de sa construction, de sa localisation marginale et de la superposition par rapport à des structures préexistantes, il s’agirait donc d’une installation tardive au sein de l’aménagement et de la structuration du village, voire postérieure à celle de la tour annexe.

La nef hébergeait deux banquettes adossées aux murs latéraux. La présence de deux bancs longitudinaux, faits à l’aide d’un mélange de pierres, de dalles et de terre, également adossés à ces murs, suggère que l’espace était peut-être aussi destiné à des usages sociaux. C’est ici que s’érigeait le socle de la table d’autel, rectangulaire. Cette couche a permis de découvrir une pièce de monnaie française –un double tournoi de Philippe IV (1285-1314) – et une petite lampe à huile en bronze, munie de petits orifices sur le bord afin de pouvoir la suspendre. Juste devant la porte d’entrée de l’église, sous une grande dalle, une clé de porte en fer fut également retrouvée.

foto esglesia i torre

POINT 10 : TOUR

Dans la partie la plus élevée du village, à l’extrémité nord-est, près de la petite église, fut érigée une tour circulaire qui coupa radicalement le parement de l’angle de l’ancienne muraille. Sa fonction principale était probablement celle d’une tour de guet, car son emplacement offrait une vue stratégique imprenable sur toute la vallée. À noter toutefois qu’elle est postérieure à la construction du village et de son enceinte fortifiée. Ce type de tours circulaires, dont on trouve de nombreux exemples dans toute la région, remonte aux Xᵉ-XIᵉ siècles.

POINT 11 : TOUR SEMI-CIRCULAIRE ET NOUVELLE FOUILLE

Ici apparaît ce qui pourrait être la quatrième tour du complexe, également semi-circulaire et postérieure à la construction du mur. Il est possible que les besoins défensifs aient augmenté au fil du temps en raison des conflits inhérents à la région.

Vous trouverez également une zone de fouille réalisée lors des derniers travaux en octobre 2025. Le temps a manqué pour identifier et interpréter pleinement ces structures ; les archéologues y ont creusé dans l’espoir de trouver des cisternes ou des puits utilisés par les villageois pour stocker l’eau de pluie ou l’eau acheminée depuis le ravin situé au nord du village.

POINT 12 : ROCHER MONUMENTAL

Vestiges d’un ancien abri sous roche comportant même un petit mur de pierre sur le côté nord pour se protéger du vent froid. De nombreux fragments de céramique brisée, des os et d’autres déchets d’époque y ont été retrouvés, indiquant qu’il devait s’agir de l’une des premières constructions à avoir été abandonnées.

Malgré la forme particulière du rocher qui laisse libre cours à l’imagination, aucune conclusion ne permet d’affirmer qu’il s’agissait d’un totem ou d’une pierre sacrée, bien que chaque visiteur exprime son propre avis.

Ce dont nous avons trace, en revanche, c’est d’une ancienne grande dalle de grès de forme anthropomorphe de 2 mètres de haut sur 40 cm d’épaisseur, qui se trouvait juste au Port del Cantó (voir photo). Malheureusement, elle n’a pas pu être étudiée : lors de la construction de la route, des ouvriers imprudents ont utilisé du surplus de dynamite pour la faire exploser, détruisant ainsi une précieuse source de connaissances.

Bibliographie / Illustrations / Photographies

ROIG DEULOFEU, Albert – ROIG BUXO, Jordi (1998). Memòria de la intervenció arqueològica al poblat medieval de Sta. Creu de Llagunes (Soriguera, Pallars Sobirà), campanya agost 1994. Barcelona, març de 1998.

ROIG BUXO, Jordi (1999). Memòria de la intervenció arqueològica al poblat medieval de Sta. Creu de Llagunes (Soriguera, Pallars Sobirà), campanya agost 1996. Barcelona Gener de 1999.

VIDAL ALCARAZ, Ariadna (2024) Memòria de la intervenció arqueològica al despoblat de Santa Creu de Llagunes (Soriguera, Pallars Sobirà). Manresa, gener de 2024.

VIDAL ALCARAZ, Ariadna (2024) Informe preliminar de la intervenció arqueològica al despoblat de Santa Creu De Llagunes (Soriguera, Pallars Sobirà). Manresa, desembre de 2024.

HURTADO, Mar

GAAM, Grup d’Arqueologia de l’Alta Muntanya

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